A quel moment le jeu devient un
réel problème ?
On ne mesure pas la pathologie
d'un joueur simplement par le montant d'argent qu'il dépense
au jeu. Un individu financièrement à l'aise
peut jouer plusieurs milliers de dollars par années
sans que cela soit un problème pour lui.
En fait,
les quelques trente ou quarante dollars par mois que joue
une personne ayant un faible revenu ou bénéficiant
de l'aide-sociale se révèlent beaucoup plus
problématique.
Le
jeu, autant dans le domaine de la loterie et du bingo que
dans celui des appareils de loteries vidéo et des casinos,
devient pathologique lorsqu'il génère plus de
difficultés dans la vie de la personne que de divertissement.
Par exemple, si le jeu accapare l'argent dévolu à
d'autres fins telles le compte d'électricité
ou la facture d'épicerie ou, plus dévastateur
encore, le temps et l'attention qui devraient, par exemple,
être consacrés à ses enfants ou son/sa
conjoint(e). Ou encore, si la personne ne peut s'empêcher
ou s'arrêter de jouer. Si elle ne joue pas, elle y pense
sans arrêt et se sent irritée, elle n'a plus
le goût de rien faire et elle sent qu'il lui manque
quelque chose".
Comment
reconnaître un joueur compulsif ?
On
appelle le jeu compulsif le ''mal caché", puisque
contrairement à d'autres dépendances, il n'y
a pas "d'haleine d'alcool", de "yeux rouges"
ou autres signes extérieurs facilement discernables
permettant de déceler qu'une personne a un problème
avec le jeu. L
Le
joueur compulsif peut tout aussi bien acheter des billets
de loteries, s'adonner aux machines de loterie vidéo,
aller jouer au bingo ou aux courses et parier sur des événements
sportifs, que fréquenter un casino. Le joueur pathologique
peut être un jeune garçon ou une jeune fille
ayant déjà des centaines de dollars de dette
cumulées.
Le joueur, c'est aussi la dame ou le monsieur dans la soixantaine
qui se retrouvent désemparés lorsque les enfants
sont partis de la maison et que sonne l'heure de la retraite.
En jouant, ils cherchent à combler le sentiment d'inutilité,
d'ennui et de vide qui les habitent. Ces personnes peuvent
rapidement perdre ce qu'ils ont amassé et construit
pendant toute une vie : argent, ami(es), enfants, dignité
et confiance de leur entourage.
On
peut penser qu'une personne a un problème avec le jeu
lorsqu'elle ne parle que de ses activités de jeu et
vous raconte en détail ses gains, tout en taisant ses
pertes. Aussi si vous remarquez qu'elle engage des sommes
de plus en plus importante au jeu et conséquemment
essaie constamment d'emprunter de l'argent à son entourage.
Si le joueur agit de cette façon, c'est qu'il a besoin
d'augmenter la somme de ses paris pour atteindre l'état
d'excitation désiré.
De la même façon que le toxicomane doit augmenter
sa consommation de drogue pour obtenir le même effet.
Si une personne vous fait part qu'elle a déjà
effectué des essais infructueux pour contrôler,
réduire ou arrêter le jeu, ceci devrait vous
mettre la puce à l'oreille. Voici un autre indice qu'un
individu a développé un problème de dépendance
envers le jeu. S'il est agité, irritable ou dépressif
lors qu'il ne joue pas pendant un certain temps. Ces signes
étant la manifestation du "manque" que ressent
le joueur.
Finalement, si la personne vous dit qu'elle joue "pour
oublier ses problèmes"; si elle retourne toujours
jouer dans l'espoir de "se refaire", c'est à
dire regagner l'argent qu'elle a perdu (tout le monde sait
que c'est impossible) ou si elle a tendance à penser
que les résultats du jeu dépendent plus de ses
compétences à jouer, des qualités de
la "machine", d'un chiffre "chanceux"
a la loterie, etc. que du hasard, alors vous pouvez commencer
à penser que cette personne à un problème.
Critères
diagnostiques du DSM-IV pour le jeu pathologique
1. Préoccupation par le jeu (ex. : préoccupation
par la remémoration d'expériences de jeu passées
ou par la prévision de tentatives prochaines ou par
les moyens de se procurer de l'argent pour jouer).
2. Besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour
atteindre l'état d'excitation désiré.
3. Efforts répétés mais infructueux pour
contrôler, réduire ou arrêter la pratique
du jeu.
4. Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction
ou d'arrêt de la pratique du jeu.
5. Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager
une humeur dysphorique (ex. : des sentiments d'impuissance,
de culpabilité, d'anxiété, de dépression).
6. Après avoir perdu de l'argent au jeu, retourne souvent
jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour «
se refaire »).
7. Ment à sa famille, à son thérapeute ou
à d'autres pour dissimuler l'ampleur réelle
de ses habitudes de jeu.
8. Commet des actes illégaux tels que falsifications,
fraudes, vols ou détournement d'argent pour financer
la pratique du jeu.
9. Met en danger ou perd une relation affective importante, un
emploi ou des possibilités d'étude ou de carrière
à cause du jeu.
10. Compte sur les autres pour obtenir de l'argent et se sortir
de situations financières désespérées
dues au jeu.
Si vous désirez de plus amples
renseignements à ce sujet, n'hésitez pas à
consulter le site suivant: Jeu-Compulsif.info
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